Vents violents, chutes de neige et sûreté nucléaire : publication d'un état de l’art
Les vents violents ou de fortes chutes de neige peuvent endommager les structures et équipements importants pour la sûreté des installations nucléaires. La démarche de sûreté nécessite de déterminer l’intensité de ces aléas climatiques et de vérifier que ces aléas ne mettent pas en défaut la sûreté de l’installation.
Un nouveau rapport
La conception et la construction des structures et équipements utilisées pour les installations nucléaires se fondaient historiquement sur les règles nationales « Neige et Vent » et sont remplacées depuis une quinzaine d’années par les Eurocodes. Ces derniers sont complétés par des exigences supplémentaires de sûreté en lien, par exemple, avec le confinement ou l’irradiation. Par ailleurs, l’intensité des aléas climatiques sera désormais évaluée avec un objectif probabiliste fixé au niveau international par les autorités de sûreté.
Aussi, l’ASN a sollicité des experts scientifiques en vue d’établir un état de l’art des méthodes de caractérisation des aléas liés à la neige et au vent, ainsi que des méthodes d’étude des effets de ces aléas sur les structures et équipements. Ainsi, un groupe de travail avec un pilotage assuré par l’IRSN, a été constitué avec des exploitants nucléaires : EDF, ORANO, CEA, FRAMATOME et ANDRA, ainsi qu’un groupe pluraliste d’experts : Baudin Châteauneuf, CSTB, CTICM, INRAE, Météo France, Keraunos, ONERA, RTE et Monsieur Biétry, ingénieur retraité du CSTB.
A l’issue de trois années d’échanges et de concertation, le groupe a produit le rapport intitulé « Etat des connaissances, des pratiques et préconisations concernant les agressions vent et neige sur les installations nucléaires de base ».
Aléas climatiques, quels sont les risques ?
-
La prévention contre les vents violents représente également un enjeu de sûreté pour les centrales nucléaires. En effet, des bourrasques peuvent être à l'origine de projections d'objets extérieurs comme des planches de bois, des tôles de bardage ou des automobiles sur les installations et ainsi générer d'importants dégâts. La viabilité des réseaux électriques externes et de secours sont également menacés par cette manifestation météorologique, qui peut devenir plus fréquente et plus intense du fait du changement climatique.
Les vents violents peuvent par ailleurs entrainer une forte houle (fleuve, mer) et accentuer les risques d'inondation. Cette conjonction de niveau d'eau élevé et de grands vents n'avait pas été anticipée lors de l'inondation de la centrale du Blayais, en 1999.
Afin de protéger les installations nucléaires des grands vents et de leurs conséquences, les exploitants appliquent des mesures préventives. Des protections physiques sont ainsi installées pour limiter l'impact des projectiles sur les zones sensibles et les équipements importants à la sûreté de la centrale. Une attention particulière est apportée aux groupes électrogènes de secours afin de les fiabiliser et de s'assurer de leur bon fonctionnement en toutes circonstances.
-
Les épisodes de grands froids, en raison de leurs températures parfois très négatives, peuvent affecter la sûreté des centrales nucléaires. Par exemple, lorsque de la glace se forme, il arrive que celle-ci obstrue l'arrivée d'eau du circuit de refroidissement, engageant ainsi la sûreté de l'installation. Afin d'en limiter l'impact, des systèmes empêchant la formation de glace au niveau de la station de pompage sont mis en place. Ce froid intense peut également dégrader le réseau électrique externe et provoquer des coupures d'électricité localisées.
Par ailleurs, en raison d'une consommation souvent plus importante d'électricité au sein des foyers lors de ces périodes de grands froids, les centrales nucléaires sont généralement davantage sollicitées. Afin d'éviter toute coupure d'électricité trop importante, les exploitants prennent des mesures en conséquence.
Au niveau des installations des centrales nucléaires, l'exploitant veillera aussi à ce que la température plus froide des locaux ne remette pas en cause la disponibilité des matériels importants pour la sûreté, en particulier celle des systèmes de sauvegarde.